/« Tout miser sur la faiblesse supposée de l’adversaire renvoie la droite à ses insuffisances »

« Tout miser sur la faiblesse supposée de l’adversaire renvoie la droite à ses insuffisances »

Depuis deux ans, LR ne rêve que de restauration, en considérant comme des usurpateurs Marine Le Pen et Emmanuel Macron. Mais cela encourage sa paresse intellectuelle, estime, dans sa chronique, Françoise Fressoz, éditorialiste au « Monde ».

Publié aujourd’hui à 04h36, mis à jour à 06h52 Temps de Lecture 4 min.

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Lors de l’université d’été des Républicains, à La Baule, le 31 août.
Lors de l’université d’été des Républicains, à La Baule, le 31 août. SEBASTIEN SALOM-GOMIS / AFP

Chronique. On peut tout reprocher à la droite sauf sa plasticité. Sonnée après l’élimination de François Fillon en 2017, elle a d’abord voulu croire que son salut passerait par la reconquête de l’électorat populaire. C’était le pari de Laurent Wauquiez qui, oubliant son passé d’énarque, est allé jusqu’à endosser un gilet jaune en novembre 2018 pour tenter de ramener au bercail les électeurs qui s’étaient laissés séduire par Marine Le Pen.

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Lorsque, un an plus tôt, les adhérents du parti Les Républicains (LR) l’avaient porté à la tête du parti avec 74,6 % des suffrages, sa conviction était que la présidente du Front national (FN) ne se remettrait pas de sa deuxième défaite présidentielle, ni de son débat raté face à Emmanuel Macron : il pensait que son leadership était atteint, que le parti lepéniste allait entrer dans une période de fortes turbulences et que cette conjoncture laisserait toutes ses chances à LR.

Moyennant quoi, aux élections européennes de mai, le FN, devenu Rassemblement national (RN), toujours présidé par Marine Le Pen, s’est placé en tête de la compétition en engrangeant 23,34 % des suffrages. La liste Union de la droite et du centre a, quant à elle, enregistré son pire score historique en recueillant 8,48 % des suffrages. Exit Laurent Wauquiez.

Un nouveau pari

La saison 2 s’ouvre sur un tout autre discours. Tandis que le parti, moribond, s’apprête à élire un nouveau chef dans l’indifférence générale, la droite libérale tente sa chance. Tour à tour, ces derniers jours, Valérie Pécresse et Gérard Larcher ont attaqué le gouvernement sur son supposé immobilisme et son manque de sérieux budgétaire. « En 2020, la France aura le deuxième déficit le plus élevé après l’Italie », s’est inquiété le président du Sénat, mercredi 4 septembre lors de sa conférence de presse, en accusant l’équipe Macron « d’avoir renoncé à réduire l’endettement » à la faveur de taux d’intérêt devenus négatifs.

Quelques jours plus tôt, la présidente de la région Ile-de-France, à la tête de son club Libres !, avait reproché au président de « ne pas faire le quart de ce qu’il faudrait pour redresser le pays en matière d’autorité, d’immigration, de laïcité, mais aussi de réforme et de réduction des dépenses et des impôts ».