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Comment Casino taille dans ses rayons

Jean-Charles Naouri, PDG de Casino, le 5 septembre, à Paris.
Jean-Charles Naouri, PDG de Casino, le 5 septembre, à Paris. Michel Euler / AP

Depuis le 23 mai et la mise sous sauvegarde de Rallye, Foncière Euris, Finatis et Euris, les holdings de contrôle de Casino, Jean-Charles Naouri, le PDG et principal actionnaire du distributeur, lutte pour sauver son empire. Ces dernières semaines, le groupe Casino (Monoprix, Franprix, Leader Price, Géant) a annoncé avoir renforcé sa liquidité tandis que les maisons mères ont dévoilé, lundi 9 décembre, des projets de plans de sauvegarde visant à étaler sur dix ans leurs 3,3 milliards d’euros de dette.

« Jean-Charles Naouri a acheté du temps mais pas dix ans, précise Fabienne Caron, analyste financier chez Kepler Cheuvreux. En 2023, Rallye devra rembourser près de 1 milliard d’euros aux banques. Pour y parvenir, et en incluant les remboursements des holdings au-dessus de Rallye, cela implique de faire remonter 2,5 milliards d’euros de dividendes de Casino. Cela impose dès lors 2 milliards d’euros de cessions d’actifs supplémentaires. »

Un calcul contesté du côté de Rallye, où l’on affirme que « le remboursement de la dette de Rallye ne dépend pas que des dividendes de Casino ».

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Cette transaction pourrait rapporter 600 à 800 millions d’euros

En attendant, Casino a promis de céder pour 2,4 milliards d’euros d’actifs d’ici à mars 2021 (en plus des 2,1 milliards déjà vendus ces derniers mois). Le groupe s’est délesté de sa filiale dans l’océan Indien, d’hypermarchés, de murs de magasins, de restaurants…

Concurrents et fonds d’investissement restent sur le qui-vive au cas où Casino serait contraint de lâcher un des joyaux de sa couronne. Si la vente de Monoprix et de Franprix est officiellement écartée, le distributeur poursuit des discussions avec le spécialiste du hard-discount Aldi pour lui transférer Leader Price.

Cette transaction, qui pourrait rapporter quelque 600 à 800 millions d’euros, promet de prendre du temps. Notamment parce que, parmi les 657 magasins Leader Price recensés à la fin du mois de septembre, 325 sont exploités en franchise. Ainsi, « Casino doit aller voir un par un les franchisés pour leur demander s’ils veulent vendre leur magasin à Aldi, qui, lui, n’a pas de franchisés dans son modèle d’exploitation, explique un proche du dossier. Les magasins qui marchent bien demandent beaucoup d’argent, ce qui oblige Casino à refaire ses calculs sur la valorisation ».

En parallèle, selon plusieurs sources, Casino a étudié, il y a quelques mois, l’ouverture du capital de Naturalia, son enseigne consacrée aux produits bio, qui exploitait 181 magasins à la fin du troisième trimestre. Son chiffre d’affaires avoisinera 280 millions d’euros en 2019. Le projet confié à la banque d’affaires BNP Paribas, cependant, a été abandonné car la valorisation obtenue a été jugée insuffisante.