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Huawei : les Britanniques tranchent en faveur d’une ouverture limitée de leurs réseaux

Devant le siège de l’équipementier chinois Huawei à Reading, à l’ouest de Londres, le 28 janvier.
Devant le siège de l’équipementier chinois Huawei à Reading, à l’ouest de Londres, le 28 janvier. DANIEL LEAL-OLIVAS / AFP

Dans son communiqué, publié mardi 28 janvier, le gouvernement britannique a préféré parler d’« exclusion » : les « vendeurs [identifiés comme] à haut risque seront exclus du cœur des réseaux de la 5G » au Royaume-Uni. Ces vendeurs « à haut risque » ne pourront, en outre, pas équiper « plus de 35 % des parties non sensibles » des réseaux de nouvelle génération mobile.

Mais, contrairement à ce que cette précaution oratoire laisse supposer, c’est bien un feu vert à Huawei, l’équipementier chinois de télécommunications, que Downing Street a donné mardi. Au risque d’aviver un débat national déjà intense et d’ouvrir un sérieux front avec les Etats-Unis, partenaire pourtant crucial du Royaume-Uni, à trois jours du Brexit.

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Les Etats-Unis ont décidé de bannir Huawei de leurs propres réseaux 5G, au motif que l’équipementier, fondé par un ex-militaire, Ren Zhengfei, resterait trop proche des autorités chinoises et pourrait mener des opérations d’espionnage à grande échelle. Huawei s’est constamment défendu de ces accusations. Le problème, pour le Royaume-Uni comme pour nombre d’autres pays occidentaux, c’est que les alternatives au chinois (les équipements d’Ericsson et de Nokia) sont plus coûteuses et moins avancées : en 2018, Huawei a investi plus de 15 milliards de dollars (13 milliards d’euros au cours actuel) en recherche et développement contre trois fois moins pour ses deux principaux concurrents…

Sans Huawei, un retard de « deux ou trois ans »

A l’inverse de Huawei, ces sociétés d’origine européenne ont sous-investi dans cette technologie d’avenir offrant des débits jusqu’à 100 fois supérieurs à la 4G. Bannir la compagnie aurait coûté « des dizaines de milliards » de livres aux opérateurs télécom nationaux (BT, Virgin, etc.), selon une source gouvernementale citée par le Daily Telegraph mardi, et entraîné des retards de déploiement du réseau « de deux ou trois ans ».

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Ces dernières semaines, les conseillers à la sécurité du gouvernement ont assuré à Boris Johnson qu’il était possible de contenir d’éventuelles opérations d’espionnage en cantonnant les équipements Huawei à des parties non stratégiques des réseaux (les antennes, par exemple) et en évitant de les déployer dans les zones trop sensibles (bases navales, centrales nucléaires, quartier de Westminster). « Il n’y a pas de raison que nous ne puissions pas faire profiter les consommateurs et les entreprises de cette fantastique technologie sans, dans le même temps, parvenir à préserver notre sécurité », a déclaré le premier ministre britannique, lundi.